En avril 2006, un groupe (très) mal à l’aise sur scène, assure la première partie des Rakes au Trabendo. La fille est moche, le chanteur est gros, disgracieux et égocentrique. La fille rougie, c’est tout sauf efficace. Le public reste poli.
Moi, je suis fasciné, touché surtout, par le contraste entre la chaleur sordide des guitares et la voix rauque de Dan Michaelson, chanteur d’Absentee. Le set est comme l’Absinthe, éraflé, dégradé, écorché et décousu. Les accords sont câlins, l’électricité est customisée, consumée en électricité statique : neutrons et protons des guitares sont piégés dans la basse isolante et l’alarmant saxophone. Les envolées mélodiques implosent de partout. Les guitares envoient des bouffés de chaleurs alcoolisées. Les tonalités caverneuses de la voix les étouffent. Une très bonne pop mélodique, ébouriffée surtout.
C’est le CD parfait pour habiller sa chambre en début d’après midi : composition très mélodique imprégnées de sonorités planantes et dissonantes. Le quintet fait fleurir et briller les champs d’orchidée, à ranger entre Paul Weller et le Clap Your Hands.




